Une altercation avec le chevalier de Rohan vaut à Voltaire trois
ans d'exil, où :
a- Italie
b- Suisse
c- Angleterre
Cet exil a eu lieu en Angleterre.
L'altercation
D'après Gilles Perrault, cette lutte entre Voltaire et Rohan
naquit un soir à la Comédie-Française, dans la loge d'Adrienne
Lecouvreur. Le chevalier, jaloux du succès de Voltaire auprès de la
comédienne, lui aurait dit devant celle-ci, pour faire valoir sa
haute noblesse face au roturier : « Arouet ? Voltaire ? Enfin,
avez-vous un nom ? » La réplique fuse : « Voltaire ! Je commence
mon nom et vous finissez le vôtre».
C'est deux jours après, à la Comédie-Française en présence
d'Adrienne Lecouvreur, que Voltaire répond à une nouvelle charge du
Chevalier. Rohan lève sa canne, mais se ravise...
Toutefois, on trouve une version différente4. L'altercation aurait
eu lieu à la suite d'une discussion mouvementée, lors d'un dîner
chez le duc de Sully : « Quel est, dit le chevalier, ce jeune homme
qui me parle si haut ? - C'est, répondit Voltaire, un homme qui ne
traîne pas un grand nom, mais qui sait honorer celui qu'il porte.
»
Dans les deux versions, Voltaire est bastonné lors d'un (autre)
repas chez Sully, un domestique le fait descendre dans la rue où
deux voitures l'y attendent. Chez Gilles Perrault, de l'une jaillit
une volée de tape-dur armés de bâtons, et tapi dans l'autre, Rohan
s'écrie : « Ne frappez pas sur la tête, il peut encore en sortir
quelque chose de bon. »
Dans l'autre version, on le prie de venir s'asseoir un instant dans
une voiture, il est saisit par le devant de ses habits, et un autre
homme le frappe par derrière de cinq ou six coups de baguette. Le
chevalier de Rohan, posté à quelques pas de là dans sa voiture,
s'écrie : « C'est assez. »
Le 16 avril 1726, le rapport de police suivant est adressé au
ministre :
« Il vient d'être informé par voie sûre que le sieur Voltaire
médite d'insulter incessamment et avec éclat M. le chevalier de
Rohan [...] il [Voltaire] est actuellement chez un nommé Leymaud,
maître en fait d'arme, rue Saint-Martin, où il vit en très mauvaise
compagnie [...] »
Les conséquences : l'emprisonnement (entre 15 jours et six mois) et
l'exil.